Laboratoire Document et Sciences de l'Information
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Modèles de production et de diffusion du document

Responsables : Ghislaine Chartron, Jean-Michel Salaün

Le numérique, et plus précisément l'organisation de l’Internet, pose une question redoutable aux modèles traditionnels de production et de diffusion des documents. L'édition d'un côté, les bibliothèques de l'autre, voient leurs repères s'effacer. Les modes de relation, les produits et les services, les structures de coûts, les organisations du travail comme l'appropriation des techniques et des contenus se reconstruisent, tirant à la fois des leçons du passé tout en contestant nombre de ses principes. Nous nous intéresserons prioritairement aux processus de « publicisation » des documents, à savoir aux processus où le document est situé dans l'espace public, destiné à être largement diffusé, publié, valorisé.

La ligne directrice des travaux entrepris concerne la reconfiguration des modèles éditoriaux et des services des bibliothèques face au numérique. Quels changements induit l'innovation technique dans l'organisation de la mise en support, dans les modes de distribution des contenus ? … L'objectif poursuivi à plus long terme est la formulation de modèles généri­ques à partir de l'observation et de l'expérimentation de différents secteurs éditoriaux. L'élargissement des terrains concernera en priorité l'édition de manuels pour l'ensei­gnement, l'édition professionnelle (médecine, pharmacie, techniques de l'ingénieur), la littérature et, en privilé­giant des collaborations avec d'autres équipes, la presse, l'audiovisuel et la musique en ligne.

Il nous parait indispensable de croiser les entrées suivantes :

  • la technique (comme logique propre et comme construction sociale),
  • les régulations économiques, juridiques et politiques,
  • l'appropriation sociale.

Nous faisons l'hypothèse que la stabilité de nouveaux modèles découlera de la confrontation entre ces dimensions complémentaires.

Les méthodologies scientifiques retenues privilégient le repérage de l'innovation par rapport à l'usage de cadres d'analyse établis, elles concernent particulièrement :

  • le recueil de données existantes (rapports, statistiques, publications diverses),
  • la construction de données spécifiques (enquêtes quantitatives et qualitatives),
  • l'expérimentation de services, d'outils innovants (livres électroniques, archives ouvertes de publication…),
  • l'expérimentation abstraite (par exemple modèles mathématiques de simulation).

Les méthodes, empruntées elles-aussi à plusieurs disciplines scientifiques tradition­nelles, nécessitent d'être appliquées avec toute la rigueur de leur champ d'origine.

Les productions scientifiques des membres de l’équipe sont principalement des analyses explicatives, des modèles heuristiques, des modélisations mathématiques et des outils de gestion. Ces productions sont toutes liées au repérage des innovations initiées principalement par la technique dans le domaine de l'édition et des services de bibliothèques.

Thèses en cours

Florence Boissin-Gonod
Sujet : « L’information médicale numérique : usages, besoins des praticiens de la médecine de ville »
Encadrement : Ghislaine Chartron

Bakelli Yahia
Sujet : « La production dynamique des contenus documentaires à partir de corpus numériques structurés »
Encadrement : Jean-Michel Salaün, Rosa Issolah

Benoît Epron
Sujet : « Le marché de l’édition universitaire face à l’arrivée du numérique. Enjeux stratégiques, menaces économiques et évolution des usages »
Encadrement : Jean-Michel Salaün

Nathalie Preteux-Robert
Sujet : « Les indicateurs de circulation de l’information scientifique sur Internet »
Encadrement : Ghislaine Chartron, Thierry Lafouge

 

Echanges d'information et
structuration des organisations

Responsables : Brigitte Guyot, Marie-France Peyrelong

Les problématiques de cette thématique s'articulent autour des modes de production et d'échanges d'information dans les activités concrètes de travail. Cette activité d’information, la plupart du temps invisible, tend d’une part à s’accroître avec la possibilité de l’accès direct à distance, et de l’autre à devenir collective, dans des dispositifs pour mutualiser non seulement l’information mais aussi les connaissances détenues par chacun.

Nous nous intéressons à deux niveaux en étroite interaction, l’un individuel, ou « local » et l’autre global, correspondant à une approche utilisateur et à une approche managériale.

Plusieurs problématiques en découlent :

  • celle de l’intégration informationnelle où les notions de confiance, d’intérêt collectif, d’autonomie de l’acteur sont mises en question,
  • celle de la rationalisation des activités d’information ou de mutualisation des connaissances ; ce sont alors les dimensions socio-cognitives qui nous intéressent, mais aussi les légitimations et répartition de responsabilités mises en œuvre, qu’elles soient en congruence ou en conflit avec les modes de fonctionnement des organisations.

Sur le plan méthodologique, rendre compte de la complexité de ces phénomènes nous a amenés à développer ce que nous appelons « l’approche par le document ». De ce point de vue, le document est utilisé à la fois :

  • comme un traceur concret de l’activité de travail,
  • comme une activité d’information et comme un révélateur de l’état de l’organisation, celle d’un service et de l’entreprise toute entière.

Plus fondamentalement, il s’agit de réfléchir à la « mise en écrit » qui affecte actuellement tous les niveaux de l’entreprise, mise en écrit qui constitue à chaque fois une partie d’une activité d’information que nous considérons comme toujours « située » et composite (imbrication oral/écrit ; individuel/collectif ; synchrone/asynchrone).

 

Recherche d’information et appropriation des documents

Responsable : Geneviève Lallich-Boidin

Les nouveaux modes de production et de mise à disposition de l’information remettent en cause fondamentalement la notion même de document. Dorénavant, ce qu’on appelle « document numérique » n’est plus un objet stable s’exprimant dans une entité physique aux formes connues et déterminées par les processus d’édition, mais un objet élaboré par des producteurs, et reconstruit par celui qui l’exploite. Cette évolution du document nous ouvre différentes pistes de recherche.

Une d’entre elles concerne l’analyse des usages prévisibles des documents numériques, et en particulier des documents scientifiques et techniques. Ainsi, nous souhaitons porter notre travail sur l'examen des activités et des tâches qui provoquent une recherche d’informations (typologie des utilisa­teurs, et de leurs tâches les plus représentatives : veille, rédaction de travaux scientifi­ques ayant différentes caractéristiques formelles et rédactionnelles, maintenance de dispositifs complexes etc.).

Cet examen vise à définir la structuration qu’il faut imposer aux documents pour qu’ils puissent se présenter et se réorganiser dans la forme et avec les modalités qui conviendront le mieux à l’usage qui leur est destiné.

La construction ou la reconstruction d’une telle structure s’appuiera sur différentes méthodes d’analyse du document :

  • analyse du contenu (fondée sur le repérage d’indices linguistiques),
  • analyse de la forme rédactionnelle (fondée sur le repérage des genres discur­sifs et des structures rhétoriques et argumentatives mises en œuvre par l’auteur, de la mise en forme du document et de la nature des liens utilisés dans un document multimédia),
  • identification des liens entre un document et son contexte documentaire, analyse du contexte de production du document,
  • analyse des processus de lecture et de parcours de documents.

Par ailleurs, nous souhaitons développer des modèles d’exploitation liés à un profil d’utilisateur et à une tâche particulière, qui permettront des accès prioritaires à certains fragments du document lors d’une recherche d’informations, des visualisations réorganisées en fonction des attentes, et des navigations dans un espace documentaire où seront privilégiés les cheminements les plus performants par rapport à une activité.

Thèses en cours

Agnieszka Smolczewska
Sujet : « Extraction, fragmentation, caractérisation, mise en relation d’unités graphiques (textuelles, iconographiques…) issus d’un corpus »
Encadrement : Geneviève Lallich-Boidin, Jean-Paul Metzger (SII)